Julian Alaphilippe fascine depuis plus de dix ans tous ceux qui aiment le cyclisme. Ce cycliste français né à Saint-Amand-Montrond a transformé chaque course cycliste importante en spectacle, avec son panache, ses attaques inattendues et sa capacité à se relever après les chutes. Vrai ou faux ? On peut à la fois être un artiste de la course d’un jour et briller sur les grands tours. Dans son cas, cette information est bien vraie. Capable de gagner sur les pentes explosives du Mur de Huy comme sur les chemins blancs de Toscane, il est aussi allé chercher le maillot jaune sur le Tour de France et une étape sur chaque grand tour.
Pour faire simple, le parcours sportif de Julian Alaphilippe ressemble à une série de rebonds permanents. Vice-champion du monde junior de cyclo-cross, longtemps ignoré par les équipes françaises, il trouve finalement sa voie dans une structure belge avant de monter jusqu’au sommet : double championnat du monde sur route, vainqueur de Milan-San Remo, des Strade Bianche, triple lauréat de la Flèche wallonne, et figure centrale de l’équipe de France. Le problème ? À partir de 2022, les blessures, les chutes et les critiques publiques de son manager bousculent ce récit parfait. Pourtant, saison après saison, il revient, gagne encore des victoires majeures et finit par relancer sa carrière sous le maillot de Tudor Pro Cycling. Ce qu’il faut retenir : son histoire illustre les avancées passionnantes d’un cyclisme moderne où l’instinct, la science de la course et la résilience valent autant que les watts.
- Un début marqué par le cyclo-cross avant un basculement réussi vers la route.
- Double titre mondial sur route en 2020 et 2021, une première pour un Français.
- Héros du Tour de France 2019 avec 14 jours en maillot jaune et un style offensif.
- Spécialiste des classiques : Milan-San Remo, Strade Bianche, Flèche wallonne, Saint-Sébastien.
- Carrière relancée après 2022 grâce à une victoire d’étape au Giro et à son transfert chez Tudor.
Origines, famille et premiers coups de pédale : les racines d’un cycliste français hors norme
Comment naît un champion comme Julian Alaphilippe ? Il s’agit d’abord d’une histoire de territoire, de famille et d’instinct. Né en 1992 à Saint-Amand-Montrond, il grandit entre le Cher et l’Allier, dans un environnement qui n’a rien d’un centre high-tech du cyclisme, mais tout d’un terrain de jeu authentique. Son père Jacques est musicien et lui transmet le goût du rythme… via la batterie. On imagine mal, en le voyant aujourd’hui sur un Tour de France, qu’il a failli devenir musicien professionnel plutôt que coureur. Concrètement, cette culture musicale l’habitue très tôt à travailler l’oreille, la coordination, le tempo : autant de qualités qui, plus tard, se traduiront par une lecture fine des courses et des changements de rythme.
Très jeune, il rejoint l’Entente cycliste Montmarault-Montluçon et découvre le vélo à l’âge où beaucoup hésitent encore entre plusieurs sports. Vrai ou faux ? Les grands champions ont toujours été des prodiges. Dans son cas, la vérité est plus nuancée. Oui, il se montre talentueux, mais son ascension est loin d’être une ligne droite. Dès la catégorie cadet, son cousin Franck Alaphilippe le prend en main. Ce duo famille-coach va l’accompagner jusqu’au plus haut niveau. N’est-ce pas surprenant de voir un lien familial durer aussi longtemps dans un sport devenu ultra-professionnel ?
Dans les années juniors, il court pour l’US Florentaise et choisit le cyclo-cross comme première spécialité. Pourquoi ce choix ? Parce que le cyclo-cross demande technique, explosivité, agilité, et une acceptation totale de la boue, du froid, des chutes. Pour un jeune comme Julian, qui aime « jouer » sur le vélo, c’est l’environnement idéal. Les résultats ne tardent pas : vice-champion du monde junior en 2010, double champion de France espoirs en 2012 et 2013. Ces titres témoignent d’une chose : il sait déjà gérer la pression d’un grand rendez-vous.
Pourtant, la trajectoire se fissure. Une blessure au genou lui fait envisager d’arrêter le sport. Le doute s’installe : continuer à souffrir pour un rêve incertain, ou tourner la page ? L’Armée de Terre lui offre alors une porte de sortie très concrète. Il s’y engage trois ans, y trouve un cadre, des soins, un collectif. Il gagne des courses comme La Gainsbarre ou une étape de la Coupe des nations au Saguenay. Mais surtout, il prend conscience qu’il peut rivaliser au niveau international. Voici une explication de ce tournant : sans cette structure militaire, il aurait peut-être abandonné le haut niveau.
Ce socle familial et militaire le forge mentalement. Nous retrouvons là un schéma cher au cyclisme français : un champion qui émerge de la province, loin des grands centres urbains, comme avant lui d’autres figures, ou comme ces jeunes talents décrits aujourd’hui lorsqu’on analyse le profil de jeunes coureurs complets. Les bases sont posées : un caractère offensif, un goût pour l’effort violent, un entourage fidèle. Ce qu’il faut retenir : bien avant les caméras et les podiums, Julian Alaphilippe se construit dans la boue du cyclo-cross, la rigueur de l’Armée et la chaleur d’une famille unie, des fondations solides pour la suite de son parcours sportif.
De l’ombre à la lumière : les années de révélation sur la route
Comment passe-t-on du circuit espoir au statut de star mondiale ? Pour Alaphilippe, la bascule se fait quand il choisit de quitter le cyclo-cross pour se consacrer totalement à la route. Il ne reçoit aucune proposition d’équipe française, ce qui pourrait suffire à décourager plus d’un jeune. Le problème pour les managers français de l’époque ? Ils n’identifient pas encore en lui ce futur spécialiste des classiques. C’est finalement la réserve d’Omega Pharma-Quick Step, l’équipe continentale Etixx-iHNed, qui lui offre une chance en 2013. Cette équipe est une rampe de lancement idéale vers le WorldTour.
Dès cette première saison sur route, il remporte des étapes au Tour de Bretagne, au Tour de Thuringe, au Tour de l’Avenir. Ces victoires montrent un profil déjà très complet : il grimpe, il sprinte dans les bosses, il ose attaquer. Sélectionné pour les Mondiaux espoirs de Florence, il se montre trop généreux, attaque trop tôt, et finit neuvième. Vrai ou faux ? Les erreurs de jeunesse sont des freins. Dans son cas, elles deviennent un laboratoire. Il apprend à gérer ses efforts, à temporiser.
En 2014, il passe dans le grand bain avec Omega Pharma-Quick Step. Sur le Tour de Catalogne, il signe ses premiers podiums en WorldTour et découvre ce que signifie courir pour une grande structure, avec des leaders confirmés. L’année suivante, il explose littéralement sur la scène internationale. Amstel Gold Race, Flèche wallonne, Liège-Bastogne-Liège : trois classiques ardennaises où il joue d’abord le rôle d’équipier de luxe pour Michał Kwiatkowski… avant de prendre lui-même la lumière. Septième sur l’Amstel, puis deux fois deuxième de la Flèche et de Liège derrière Alejandro Valverde, référence absolue des Ardennaises.
Concrètement, ces places d’honneur valent presque des victoires. Elles prouvent qu’il peut tenir la distance, se positionner parfaitement, produire une accélération décisive à la fin de courses de plus de 250 km. La presse le range alors dans la catégorie des puncheurs-sprinteurs, à mi-chemin entre grimpeur explosif et finisseur rapide. Vrai ou faux ? On naît puncheur. Ici, c’est surtout son passé en cyclo-cross, sa filière anaérobie développée et un gabarit léger qui le propulsent dans ce rôle.
Parallèlement, il découvre les courses par étapes. Il surprend tout le monde sur le Tour de Californie 2015, où il gagne l’étape reine de montagne au Mount Baldy et termine finalement deuxième du général à trois secondes de Peter Sagan. Puis il confirme en 2016 en remportant cette même épreuve, ainsi que le classement des jeunes sur le Critérium du Dauphiné. À chaque fois, il montre qu’il peut suivre les meilleurs quand la route s’élève, tout en restant capable de sprinter dans un petit groupe.
Cette polyvalence est précieuse dans un cyclisme où chaque détail compte, de l’aérodynamisme au matériel. Quand on sait par exemple à quel point le poids du vélo peut impacter la performance, on comprend mieux les marges que ce type de coureur cherche à gagner partout : équipement, position, gestion de l’effort. Ce qu’il faut retenir de ces années de révélation : Julian Alaphilippe ne se contente pas de suivre la vague, il impose déjà un style, fait de panache, de prises de risques et d’un sens aigu du timing. Les grandes classiques et les Mondiaux ne sont plus une hypothèse, mais un objectif crédible.
Tour de France, maillot jaune et doublé mondial : les exploits au sommet
Peut-on raconter le parcours sportif de Julian Alaphilippe sans parler de ses exploits sur le Tour de France et de ses titres mondiaux ? Impossible. Pour beaucoup de fans, son image reste associée à ce maillot jaune porté en 2019 avec un culot rarement vu depuis les années 1980. Mais avant ce chef-d’œuvre, il y a eu 2018. Ce jour-là, dans les Alpes, il remporte sa première étape de montagne au Grand-Bornand et s’empare du maillot à pois de meilleur grimpeur. Il confirmera en gagnant une deuxième étape à Bagnères-de-Luchon et en conservant ce maillot distinctif jusqu’à Paris. N’est-ce pas surprenant pour un coureur qu’on présentait d’abord comme un spécialiste des bosses moyennes ?
L’année suivante, il va encore plus loin. Après une saison de classiques déjà exceptionnelle (Strade Bianche, Milan-San Remo, Flèche wallonne), il arrive au départ du Tour en outsider plus qu’en favori du général. Pourtant, dès la 3e étape, il part en raid solitaire vers Épernay, gagne et endosse le maillot jaune. Ce n’est pas un simple clin d’œil national : il le gardera 14 jours au total, gagnera le contre-la-montre de Pau, résistera longtemps en montagne avant de céder finalement face à Egan Bernal et aux purs grimpeurs. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : cinquième du général, prix du Super-combatif, six victoires d’étape au total sur ses participations à la Grande Boucle.
Ce Tour 2019 change son statut. Eddy Merckx lui-même déclare « qu’il y a du Merckx chez Alaphilippe ». Pourquoi ? Parce qu’il ne se contente pas d’attendre les arrivées au sommet. Il attaque en descente, dans les bordures, en plaine, en chrono. Il incarne ce cyclisme offensif que nous réclamons tous. On retrouve ici la même logique qu’à l’époque où d’autres grands noms français comme ceux qu’a dirigés Marc Madiot à la Groupama-FDJ ont su électriser la course, comme le rappelle l’histoire retracée autour de Marc Madiot et de son équipe.
Puis vient le moment qui le fait entrer à jamais dans l’histoire : les Mondiaux 2020 à Imola. Sur un circuit usant, face à un peloton rempli de grimpeurs et de rouleurs d’exception, il place une attaque tranchante dans la dernière bosse, à une douzaine de kilomètres de l’arrivée. Il tient en solitaire, résiste au retour du groupe des favoris et devient le premier Français champion du monde sur route depuis Laurent Brochard en 1997. La scène est forte : maillot arc-en-ciel, larmes, hymne, et un pays entier qui redécouvre que le cyclisme français peut dominer le monde.
Cette information est bien vraie : il ne s’arrête pas là. En 2021, à Louvain, il réussit l’exploit rarissime de conserver son titre. Une nouvelle fois, il multiplie les attaques, détruit le peloton par vagues successives, puis s’envole seul vers la ligne. Double champion du monde, premier Français de l’histoire à réaliser ce doublé, septième coureur seulement à le faire tous pays confondus. Le symbole est énorme pour toute une génération de jeunes qui voient qu’un cycliste français peut rivaliser avec les Pogačar, Roglič ou Van Aert.
Entre ces Mondiaux, il amasse encore des grandes victoires : troisième Flèche wallonne en 2021, Liège-Bastogne-Liège frôlée à plusieurs reprises, nouvelles étapes sur le Tour, un palmarès qui résonne avec celui des grands puncheurs de l’histoire, des Charles Coste ou d’autres champion·ne·s qui ont marqué leur époque, comme on le voit en retraçant l’épopée d’un champion olympique historique. Ce qu’il faut retenir : la période 2018-2021 fait d’Alaphilippe bien plus qu’un coureur spectaculaire. Il devient une icône, un double champion du monde et un héros populaire qui redonne au Tour de France un parfum de romance à la française.
Chutes, critiques et renaissance : un parcours sportif sous haute tension
Le sport de haut niveau n’est jamais une ligne continue de succès. À partir de 2022, la carrière de Julian Alaphilippe en offre une illustration brutale. Chutes en série, pneumothorax, côtes cassées, omoplate fracturée sur Liège-Bastogne-Liège, Covid, luxation d’épaule sur la Vuelta… À chaque fois, le scénario semble le même : il revient, retrouve un bon niveau, puis un incident stoppe net la dynamique. Résultat ? Il glisse au classement mondial, passant du top 5 aux alentours de la centième place. Le problème, pour un double champion du monde, c’est que chaque échec se voit encore plus.
À cette accumulation de blessures s’ajoutent des tensions internes. Patrick Lefevere, son manager chez Soudal Quick-Step, le critique publiquement pour son manque de résultats, évoque son salaire, laisse entendre que son style de vie n’est pas toujours en phase avec les attentes de l’équipe. Vrai ou faux ? Les champions sont imperméables à ce type de sortie médiatique. Bien sûr que non. Derrière le maillot arc-en-ciel, il y a un homme qui traverse aussi un deuil (la perte de son père en 2020), la naissance de son fils Nino en 2021, un déménagement en Andorre, et la nécessité de redéfinir ses priorités.
Concrètement, 2023 et 2024 ressemblent donc à une longue bataille pour retrouver le très haut niveau. Il remporte encore quelques succès marquants – une étape au Critérium du Dauphiné, la Faun Ardèche Classique, une étape du Tour de Slovaquie puis du Czech Tour – mais peine à peser sur les très grandes classiques comme avant. Sur le Tour de France 2023, il vise les étapes mais ne décroche qu’un seul top 10. Les chutes aux Strade Bianche et sur Milan-San Remo en 2024, avec fracture de la tête de la fibula, montrent à quel point le cyclisme moderne ne laisse aucune marge : la moindre blessure vous écarte des meilleures jambes pendant des mois.
Pourtant, un moment charnière arrive sur le Giro 2024. Pour la première fois de sa carrière, il découvre le Tour d’Italie avec l’ambition affichée de gagner une étape. Sur la 6e étape, il échoue de peu, battu au sprint par Pelayo Sánchez. Beaucoup pensaient qu’il avait laissé passer sa chance. Mais la 12e étape va tout changer : échappé avec Mirco Maestri sur plus de 120 kilomètres, il finit par lâcher son compagnon et triomphe en solitaire. Ce jour-là, il devient le 108e coureur de l’histoire à avoir gagné au moins une étape sur chacun des trois grands tours (Tour, Giro, Vuelta) et décroche en prime le prix de la combativité.
N’est-ce pas la meilleure réponse possible aux doutes ? Sans être au sommet de sa forme d’antan, il prouve qu’il sait toujours lire une course cycliste, prendre les bonnes décisions, encaisser un effort de plus de quatre heures en tête. Par la suite, sa fin de saison est solide : deuxième de la Classique de Saint-Sébastien 2024 derrière Marc Hirschi, podium à Montréal en WorldTour, et surtout un contrat de trois ans avec Tudor Pro Cycling à partir de 2025.
Cette période illustre aussi une transformation personnelle. Il se met davantage au service des autres (comme pour Remco Evenepoel sur la Vuelta), accepte des rôles d’équipier, se concentre sur des objectifs ciblés plutôt qu’un calendrier surchargé. Et, point crucial, il modernise davantage son approche : utilisation plus systématique des capteurs de puissance à l’entraînement, travail méticuleux sur la nutrition et l’hydratation, domaines désormais incontournables pour tous les coureurs de haut niveau, comme le montre l’importance d’une alimentation et hydratation adaptées chez le cycliste. Ce qu’il faut retenir : loin d’être un déclin linéaire, ces années compliquées dessinent le portrait d’un champion qui accepte de se remettre en question et de reconstruire sa carrière pierre après pierre.
Style de course, profil de puncheur et influence sur le cyclisme moderne
Qu’est-ce qui distingue vraiment Julian Alaphilippe des autres vedettes du peloton ? Pour faire simple, il incarne une certaine idée du panache. Là où beaucoup attendent le « bon moment » calibré par les capteurs, lui a longtemps privilégié l’instinct. Il avoue d’ailleurs n’avoir utilisé les capteurs de puissance qu’assez tardivement en course cycliste, préférant se fier à ses sensations, au bruit du public, à la respiration de ses adversaires. Vrai ou faux ? Cette approche est dépassée en 2026. Pas totalement. Dans un monde où la donnée structure tout, un coureur capable de sortir du script, d’attaquer là où les modèles prédisent l’immobilisme, peut encore créer la différence.
Son profil de puncheur-sprinteur repose sur quelques éléments clés. D’abord, une explosivité redoutable sur des ascensions de 1 à 3 kilomètres avec des pourcentages souvent supérieurs à 10 %. C’est ce qui fait de lui le maître du Mur de Huy sur la Flèche wallonne. Ensuite, une grande capacité à se replacer dans le final, à anticiper les virages, les rétrécissements, les bordures. Ce talent vient en grande partie de son passé en cyclo-cross, où chaque erreur de trajectoire se paye immédiatement. Enfin, une agilité technique qui lui permet de briller sur des terrains compliqués comme les Strade Bianche, avec leurs chemins blancs, ou les routes vallonnées du Pays basque.
Dans le détail, on peut représenter son profil sportif à travers quelques axes :
| Aspect | Caractéristiques chez Alaphilippe | Impact en course |
|---|---|---|
| Terrain de prédilection | Bosses raides, classiques vallonnées, étapes nerveuses | Favorise les attaques à haute intensité et les arrivées en petit groupe |
| Capacités physiques | Explosivité, VO2 max élevée, excellente répétition d’efforts intenses | Capable de multiplier les accélérations en fin de course |
| Technique | Descente agressive, gestion des trajectoires, héritage du cyclo-cross | Attaques en descente, prises de risque contrôlées pour faire la différence |
| Lecture de course | Instinct forte, sens du timing, goût pour l’attaque surprise | Capacité à retourner des situations figées, à animer les grands rendez-vous |
Ce qui frappe, c’est la manière dont il a influencé tout un imaginaire. Combien de jeunes aujourd’hui rêvent d’attaquer comme lui dans une bosse finale, plutôt que d’attendre le sprint massif ? Cette influence dépasse même les courses pros. Dans les clubs amateurs, nous voyons apparaître un type de coureur « à la Alaphilippe » : léger, très explosif, à l’aise dans les bosses et sur les terrains cassants, qui se projette autant sur les classiques que sur des épreuves vallonnées.
Par ailleurs, son choix de vivre en Andorre illustre un mouvement plus large du peloton vers les zones de haute altitude. Non seulement pour les avantages fiscaux, mais aussi pour profiter d’un terrain d’entraînement exceptionnel : cols en série, climat sec, routes calmes. Ce type d’environnement complète parfaitement un travail très encadré sur l’entraînement en puissance, la récupération, la gestion des charges. Le fait qu’il soit parfois vu sur des vélos de gravel ou des sorties plus « fun » montre aussi comment le cyclisme moderne se décloisonne entre route, tout-terrain et usage quotidien.
En somme, son style de course illustre une synthèse intéressante : la rigueur scientifique d’un sport ultra-mesuré et la liberté d’un coureur qui n’a jamais renoncé à attaquer loin de l’arrivée. Ce qu’il faut retenir : au-delà des trophées, l’héritage d’Alaphilippe se trouve peut-être surtout dans cette envie qu’il donne à des milliers de pratiquants d’oser, de sortir du schéma classique et d’utiliser le vélo comme un terrain d’expression autant que de performance.
Julian Alaphilippe avec Tudor : nouveau rôle, nouvelle dynamique, et quelle suite pour la légende ?
Qu’attendre d’un champion qui a déjà tout gagné ou presque ? Son arrivée chez Tudor Pro Cycling au 1er janvier 2025 offre une réponse passionnante. Il quitte la galaxie Quick-Step, où il a construit l’essentiel de son palmarès, pour rejoindre une équipe de deuxième division ambitieuse, menée par Fabian Cancellara. Cette décision peut surprendre. Pourtant, elle a du sens. Tudor cherche une invitation au Tour de France, veut gagner en visibilité et en crédibilité sur les classiques. Qui mieux qu’un double champion du monde pour endosser ce rôle de phare ?
Concrètement, son nouveau costume est double. D’un côté, leader sur les classiques ardennaises, courses d’un jour WorldTour et certaines épreuves par étapes d’une semaine. De l’autre, « grand frère » pour les jeunes talents, capable de leur transmettre ce sens unique de la course cycliste. Sur Paris-Nice, par exemple, il se met au service de Michael Storer, qui gagne une étape et finit cinquième du général. Sur le Tour de Suisse, il se glisse dans les échappées, termine cinquième du général et montre qu’il reste capable de jouer un classement sur une semaine quand le profil lui convient.
Ses résultats avec Tudor témoignent d’une progression nette : podium au Tour de Grande-Bretagne 2025, victoire d’étape au Grand Prix de Québec 2025, troisième place aux Trois Vallées Varésines. En 2026, il aligne de nouveau les classiques ardennaises avec un objectif clair : se rapprocher du niveau qui lui avait permis de gagner trois fois la Flèche wallonne et de jouer la gagne sur Liège-Bastogne-Liège. Vrai ou faux ? À plus de 30 ans, un puncheur est condamné à décliner. L’histoire du cyclisme montre plutôt que certains profils, s’ils gèrent bien leur poids, leur fraîcheur mentale et leur motivation, peuvent rester dangereux très longtemps.
Pour les fans, cette nouvelle phase de sa carrière ouvre plusieurs scénarios. Peut-il encore gagner un Monument ? Peut-il offrir à Tudor une victoire de prestige sur une classique WorldTour ? Peut-il redevenir un homme de maillot sur une course d’une semaine ? Une chose est sûre : il conserve une cote d’amour énorme, en France comme à l’étranger. Son image de coureur offensif, accessible, parfois imprévisible, continue de nourrir la culture cycliste, au même titre que ces histoires de grands exploits ou de destins plus tragiques qui émaillent ce sport.
Dans les clubs, chez les pratiquants du quotidien ou les cyclistes urbains qui découvrent les joies du déplacement à vélo, le nom d’Alaphilippe revient souvent quand il s’agit de parler de « fun » et de liberté. De la même façon qu’un vélo-cargo transforme la vie de famille en ville, comme le montrent les évolutions décrites autour de l’impact du vélo-cargo dans le quotidien urbain, le style d’Alaphilippe rappelle que le vélo, même à très haut niveau, reste un formidable outil d’émotion.
Ce qu’il faut retenir de cette nouvelle ère : Julian Alaphilippe n’est plus seulement le chasseur de résultats qu’il était au sommet de sa gloire arc-en-ciel. Il devient un passeur, un capitaine de route, un visage incarnant à la fois l’exigence absolue du haut niveau et la joie presque enfantine de lancer une attaque à 50 kilomètres de l’arrivée. La légende continue de s’écrire, différemment, mais toujours avec cette même flamme qui a fait de lui l’un des coureurs les plus marquants de sa génération.
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Les moments les plus marquants du palmarès de Julian Alaphilippe sont ses deux titres de champion du monde sur route en 2020 (Imola) et 2021 (Louvain), ses grandes victoires sur les classiques (Milan-San Remo 2019, Strade Bianche 2019, trois Flèche wallonne, Classique de Saint-Sébastien, Grand Prix cycliste de Québec 2025) et ses exploits sur le Tour de France, avec six victoires d’étape, un maillot à pois et 14 jours en maillot jaune lors de l’édition 2019.
Quel est le profil de coureur de Julian Alaphilippe ?
Julian Alaphilippe est considéré comme un puncheur-sprinteur. Il excelle sur les parcours vallonnés et les bosses courtes mais très raides, où son explosivité fait la différence. Il est aussi capable de bien grimper en haute montagne et de tenir un bon niveau sur les courses par étapes d’une semaine, tout en disposant d’un sprint efficace dans les petits groupes.
Pourquoi son Tour de France 2019 est-il autant cité ?
Le Tour de France 2019 de Julian Alaphilippe est resté dans les mémoires car il a porté le maillot jaune pendant 14 jours, gagné deux étapes (dont un contre-la-montre à Pau), animé de nombreuses étapes en attaquant régulièrement et terminé 5e du classement général. Il a redonné un souffle épique à la course pour le public français, avec un style offensif et imprévisible.
Comment a-t-il relancé sa carrière après ses blessures ?
Après une série de chutes et de blessures entre 2022 et 2024, Julian Alaphilippe a relancé sa carrière en remportant une étape sur le Giro 2024, devenant ainsi vainqueur d’étape sur les trois grands tours, puis en accumulant de bons résultats sur des courses d’une semaine et des classiques. Son transfert chez Tudor Pro Cycling à partir de 2025 lui a offert un nouveau rôle de leader et de capitaine de route, lui permettant d’allier objectifs personnels et encadrement des jeunes coureurs.
Peut-il encore gagner une grande course dans les années à venir ?
Oui, Julian Alaphilippe reste un coureur dangereux sur les classiques vallonnées et certaines courses d’une semaine, surtout lorsqu’il arrive frais et bien préparé. Son expérience, sa science de la course et son explosivité en font toujours un prétendant crédible à une victoire sur une grande classique WorldTour, voire sur une étape de grand tour, même si la concurrence est plus jeune et très dense.