Mathys Rondel bouscule les codes du cyclisme moderne. Grimpeur méthodique, réservé mais déterminé, il trace une trajectoire prometteuse vers les sommets des grands tours. Son choix de vie dans les Hautes-Pyrénées, sa gestion presque radicale de la récupération et son rapport très lucide à l’avenir en font un cas à part. Vrai ou faux ? On peut encore construire une carrière de champion en partant tard et en refusant les sentiers battus. Cette information est bien vraie, et le coureur de Tudor Pro Cycling en est l’illustration la plus actuelle.
Pour faire simple, l’histoire de Rondel, c’est celle d’un jeune homme qui lâche le patinage de vitesse et le roller pour se découvrir un talent inattendu sur un vélo, à un âge où beaucoup de futurs pros sont déjà repérés. En quelques saisons, il passe d’anonyme des pelotons amateurs à espoir déclaré pour le classement général sur les plus grandes épreuves par étapes. Ce basculement n’est pas qu’une affaire de watts, mais aussi de choix forts : quitter la Côte d’Azur à la mode pour le calme pyrénéen, accepter d’être co-leader en apprentissage, viser le Giro plutôt que le Tour.
Concrètement, son début de Giro 2026 confirme ce plan patiemment préparé. Après quatre étapes, il reste dans la même seconde que les principaux favoris, à seulement dix secondes du maillot rose de Giulio Ciccone. Lors du premier test en bosse à Lyaskovets, avec une montée de 3,9 km à 6,8 %, il se hisse au sommet juste derrière Jonas Vingegaard et deux autres grimpeurs explosifs. Pour un coureur qui aime la longue grimpe plus que les efforts de puncheur, cela en dit long sur sa progression. N’est-ce pas surprenant de voir un coureur si jeune assumer déjà un tel niveau sans se laisser griser ?
En bref :
- Un profil atypique : ancien patineur de vitesse, Rondel arrive tard sur le vélo mais grimpe rapidement les échelons.
- Un choix de vie radical : installation en famille dans les Hautes-Pyrénées pour vivre au milieu des cols et travailler son endurance au quotidien.
- Une première grande boucle en Italie : sur le Giro, il vise avant tout l’apprentissage, avec un top 10 comme « bonus » éventuel.
- Une philosophie à contre-courant : peu présent sur les réseaux, fidèle à son directeur sportif, il privilégie la loyauté et la discrétion.
- Des ambitions élevées mais lucides : podium de grand tour visé dans trois ou quatre ans, sans fantasmer sur l’inaccessible.
- Un symbole : son parcours offre un espoir à tous ceux qui découvrent le vélo tardivement, en montrant qu’un plan clair peut valoir autant qu’un talent précoce.
Rondel, l’espoir de l’escalade en altitude : une trajectoire prometteuse née dans les Pyrénées
Pourquoi dire que Mathys Rondel est « l’espoir de l’escalade » dans le cyclisme actuel ? Il s’agit de comprendre comment son environnement, son quotidien et ses convictions façonnent un grimpeur taillé pour les cols les plus durs. Son histoire commence réellement quand il décide, à 22 ans, de quitter le confort de la plaine pour s’installer dans les Hautes-Pyrénées, au milieu des montagnes, entouré de sa famille, de quelques animaux et de très peu de distractions. Vrai ou faux ? Les plus grands grimpeurs vivent tous au même endroit. Faux : lui choisit délibérément une autre voie.
Dans ce cadre, chaque journée ressemble à un mini-stage en altitude. Les routes sont bordées de cols mythiques, la météo change rapidement, le vent et la pluie ne préviennent pas. Voici une explication de ce choix : en s’exposant volontairement à toutes les conditions, Rondel veut « devenir indifférent » à la météo en course. Le problème ? Ce type de vie est exigeant mentalement, car il faut accepter la solitude, la répétition des efforts et la distance avec les grands centres névralgiques du peloton. Mais c’est précisément là que son caractère réservé devient une force.
Cette installation en montagne n’est pas qu’un décor, c’est un outil d’escalade sportive. Quand nous imaginons un grimpeur, nous pensons souvent à un poids plume qui danse sur les pédales. Lui préfère une approche plus méthodique : accumuler du dénivelé, s’habituer à des montées longues, travailler les rythmes de course sur les pentes du Tourmalet ou des cols voisins. À l’entraînement, il n’est pas rare de voir une journée avec plus de 3 000 mètres de dénivelé positif, ce qui constitue la base idéale pour tenir tête aux meilleurs sur trois semaines.
Au-delà de la montagne, il cultive aussi une forme de détachement vis-à-vis de la médecine. Quand il tombe malade, il laisse d’abord son corps se battre seul avant d’accepter un traitement si nécessaire. Après Paris-Nice, un virus le freine pendant une dizaine de jours. Il attend, observe, puis passe finalement sous antibiotiques pour être prêt pour son stage en altitude. Cette façon de faire, très personnelle, illustre les avancées passionnantes d’un cyclisme où chaque coureur cherche désormais une méthode sur mesure, loin des recettes standardisées.
Ce qu’il faut retenir : la trajectoire prometteuse de Rondel en haute montagne repose autant sur son lieu de vie que sur ses chiffres de puissance. Il transforme les Pyrénées en laboratoire de performance, où chaque sortie nourrit directement ses objectifs sur le Giro et les futurs grands tours.
De la vie rurale à la haute performance : un quotidien de grimpeur moderne
Concrètement, à quoi ressemble la journée type d’un coureur comme lui ? Au lever, il jette un œil au ciel : brouillard épais ou ciel bleu, peu importe, la sortie aura lieu. Après un petit-déjeuner simple mais calibré, il part pour plusieurs heures de grimpe. Les premiers kilomètres servent souvent de mise en route dans la vallée, avant d’attaquer un ou deux grands cols. N’est-ce pas surprenant de voir un athlète de haut niveau vivre presque comme un montagnard ordinaire, avec la pluie qui bat contre les fenêtres et les chemins boueux autour de la maison ?
Dans ce décor, la famille joue un rôle discret mais essentiel. Elle offre un ancrage, un équilibre qui compense la pression des courses WorldTour. Là où d’autres coureurs enchaînent les voyages, les hôtels et les rassemblements sur la Côte d’Azur, Rondel revient toujours au même point fixe, dans son cocon pyrénéen. Cette stabilité nourrit la confiance dont il a besoin pour encaisser les charges d’entraînement et les longues périodes de compétition.
Le soir, la récupération ne se limite pas aux protocoles classiques. Elle passe par le silence, le sommeil et un contact constant avec la nature. Vrai ou faux ? Il faut des gadgets technologiques partout pour progresser. Faux, encore une fois : dans son cas, le retour aux fondamentaux – bonne alimentation, sommeil régulier, vie simple – suffit à soutenir une progression régulière. Bien sûr, il utilise capteurs de puissance et outils modernes, mais ils restent au service d’un projet plus global : tenir la distance sur trois semaines de course.
Ce premier angle montre un point clé : l’avenir des grimpeurs ne se joue pas uniquement dans les laboratoires d’aérodynamique, mais aussi dans la façon dont ils organisent leur existence autour de la montagne. Rondel incarne cette tendance nouvelle, où la quête de performance se mêle à une forme de retour à l’essentiel.
Du patinage de vitesse à la grimpe : un talent tardif mais structuré
Comment passe-t-on du roller et du patinage de vitesse à la haute montagne cycliste ? Voici une explication de ce virage étonnant. Avant de devenir l’espoir que tout le monde observe sur le Giro, Rondel tourne littéralement en rond sur des pistes, suivant les traces de son père, multiple champion en roller. Au bout d’un moment, il avoue s’ennuyer dans ce format fermé, répétitif. Le vélo lui apparaît alors comme une ouverture : des routes sans fin, des paysages variés, une vraie sensation de liberté. Le mot revient souvent dans sa bouche : « le vélo, c’est la liberté ».
Le problème pour un arrivé tardif, c’est qu’il faut combler des années d’habitude et de technique. Beaucoup de futurs champions sont repérés dès les catégories cadets ou juniors. Lui découvre la compétition sérieusement au moment où d’autres signent déjà leur premier contrat pro. Vrai ou faux ? Ce retard est forcément rédhibitoire. Faux : son passé de patineur lui donne une base physique exceptionnelle. Le travail de jambes, le contrôle de la puissance, la gestion de l’effort long, tout cela se transpose naturellement à la performance sur un vélo.
Dès les juniors, il décide d’arrêter ses études avec seulement le bac en poche, obtenu avec une moyenne proche de la mention très bien. Il fait donc un pari risqué : se consacrer à 100 % au cyclisme, alors qu’il n’en maîtrise encore ni les codes ni les subtilités tactiques. Pour ne pas se perdre, il s’entoure rapidement. Il sollicite l’ancien professionnel Julien Guay pour le suivre et lui exposer un projet clair. Il ne veut pas « passer pro pour passer pro », mais pour gagner des courses et viser, dès le début, le classement général sur les épreuves à étapes.
C’est à ce moment-là qu’il commence à bâtir ce qui ressemble presque à un plan d’affaires de carrière sportive. Il se fixe des jalons : réussir chez les amateurs, briller sur quelques courses de référence, décrocher un contrat dans une équipe de niveau WorldTour, puis découvrir progressivement les grands tours. Lorsque son directeur sportif parlera plus tard de « feuille de route », ce ne sera pas une image. Le coureur lui-même avoue avoir à peine six mois de retard sur le calendrier qu’il s’était fixé, retard en grande partie dû à des blessures au genou à ses débuts chez Tudor.
Ce qu’il faut retenir de cette deuxième étape, c’est que son talent n’est pas un éclair de génie soudain, mais le fruit d’une reconversion maîtrisée. Il illustre les avancées passionnantes de la formation moderne : un athlète formé dans une autre discipline peut, avec un cadre rigoureux et un plan précis, se transformer en leader crédible sur un grand tour.
La découverte de la grimpe et la révélation des premiers résultats
Rien ne vaut un exemple concret pour mesurer ce basculement. Sur la Ronde de l’Isard puis sur la Ronde de la Mirabelle, deux courses réputées pour révéler les futurs grimpeurs, Rondel attire l’attention. Un jour, il se retrouve dans une échappée avec un coureur expérimenté, Clément Braz Afonso, qui appelle alors son directeur sportif : « Son profil va te plaire ». Ce témoignage, pour simple qu’il paraisse, va changer sa trajectoire. Très vite, Boris Zimine, futur homme de confiance chez Tudor, se penche sur son cas.
Sur la Ronde de l’Isard, ses accélérations en montagne et sa capacité à répéter les efforts montrent que le potentiel est là. La même année, il brille aussi sur le Baby Giro, version espoir du Tour d’Italie, où les meilleurs jeunes grimpeurs de la planète viennent se tester. Ces courses servent de laboratoire. Elles permettent de vérifier ce que le ressenti suggère : oui, ce coureur venu du roller possède un moteur adapté aux longues ascensions.
Pour structurer ce potentiel, le choix de l’encadrement est décisif. Au lieu de céder aux sirènes des grandes armadas comme Visma ou Soudal-Quick Step, il suit la voie de la loyauté. Il rejoint Tudor principalement parce que Zimine a été le premier à croire en lui. Vrai ou faux ? Dans le cyclisme moderne, seuls les gros budgets comptent. Faux : l’exemple de Rondel montre qu’une relation de confiance peut valoir autant que la promesse d’un matériel dernier cri.
Dans cette phase, il continue aussi à perfectionner l’aspect scientifique de sa progression. Pour un lecteur qui cherche à s’inspirer de ce modèle, un plan d’entraînement cyclisme structuré illustre bien la manière de découper les semaines entre travail d’endurance, séances de grimpe et récupération active. Rondel applique une logique similaire, adaptée à son niveau : charges progressives, séries en côte, travail de puissance au seuil, le tout ancré dans sa vie de montagnard.
En résumé, ce deuxième volet de son histoire pose une base forte : un athlète venu d’un autre univers, qui transforme un retard apparent en avantage grâce à une structuration exemplaire de sa carrière.
Un co-leader en apprentissage : le Giro comme laboratoire de performance
Pourquoi le Giro plutôt que le Tour pour débuter sur trois semaines ? Pour faire simple, Rondel préfère un terrain légèrement plus ouvert, moins verrouillé que la Grande Boucle, où des monstres comme Tadej Pogacar ou un trio de jeunes français déjà très exposés se partagent souvent la lumière. Le coureur sait que le Giro reste imprévisible, avec sa météo capricieuse, ses descentes techniques et ses profils variés. Cette course lui permet de tester sa résistance au fil des jours sans porter le poids d’un pays entier sur ses épaules.
Lors de ses premières étapes italiennes, il tient parfaitement sa place. Après quatre journées, il reste à seulement dix secondes du leader Giulio Ciccone, dans la même seconde que les principaux candidats au classement général. Vrai ou faux ? Cette capacité à ne pas perdre de temps au début est un simple détail. Faux : dans un grand tour, le moindre écart se paie plus tard. Rester dans le bon wagon dès les premiers jours prouve sa lucidité tactique et sa capacité à éviter les pièges, comme les cassures de peloton ou les bordures.
Le premier test sérieux intervient sur la montée de Lyaskovets, 3,9 km à 6,8 % de pente moyenne. Ce profil favorise les punchers, pas les purs grimpeurs de cols longs. Pourtant, Rondel franchit le sommet en quatrième position, juste derrière des références comme Jonas Vingegaard. Ce jour-là, il a dû fournir un gros effort après avoir été pris dans une chute massive. Il raconte ensuite avoir trouvé ce comportement « rassurant », signe que ses jambes répondent bien même après une alerte.
Son statut dans l’équipe Tudor est clair : il est co-leader avec Michael Storer, coureur plus expérimenté, mais il se trouve dans une phase d’« apprentissage ». Le problème dans ce type de configuration, c’est de trouver l’équilibre entre ambition personnelle et respect des consignes collectives. Il doit à la fois défendre sa place au général, protéger parfois son co-leader et apprendre la gestion du stress sur trois semaines. Ses résultats au printemps l’y ont autorisé : 12e de l’UAE Tour, 8e de Paris-Nice, 5e du Tour des Alpes. Voici les résultats : une progression nette, linéaire, qui justifie la confiance placée en lui.
Ce qu’il faut retenir, c’est que ce Giro n’est pas une fin en soi mais une étape. Il vise un éventuel top 10, certes, mais insiste sur le fait que l’expérience prime. Si la place n’est pas au rendez-vous, il en tirera des leçons pour l’année suivante, avec un objectif alors clairement plus élevé.
Gestion du temps, du classement et de la pression : l’art de grandir sans brûler les étapes
Dans un grand tour, la gestion ne se limite pas aux watts. Il faut savoir se placer, consommer l’énergie au bon moment, accepter aussi de perdre un peu de temps pour en regagner plus tard. Rondel, à 22 ans, se retrouve face à cette équation complexe. Vrai ou faux ? Les jeunes explosent souvent lorsqu’ils sont trop vite propulsés leaders. Cette affirmation contient une part de vérité, d’où l’importance de son statut de co-leader en apprentissage. Il avance sans que tout repose sur ses épaules.
Le rôle de ses coéquipiers est ici crucial. Des coureurs plus âgés, comme Larry Warbasse, soulignent son caractère réservé mais intéressant dès qu’il sort de sa coquille. Ils disent de lui qu’il est « plus libre que la plupart des cyclistes », ce qui se ressent dans sa manière de gérer la pression : il parle peu, agit beaucoup. Ce tempérament sert sa performance sur trois semaines, où la surchauffe mentale compte autant que la fatigue physique.
Pour un fan qui suit de près les duels entre générations, il est tentant de le comparer à d’autres étoiles montantes, par exemple les jeunes tricolores qui rêvent de défier Pogacar. Des analyses comme celles proposées dans ce panorama des rivaux de Pogacar montrent que la nouvelle vague française est multiple, avec des profils d’attaquants, de rouleurs et de grimpeurs complets. Rondel s’inscrit dans cette galaxie, mais avec une nuance : il préfère les courses à étapes sinueuses comme le Giro, plutôt que le Tour ultra médiatisé.
Au fil des jours, il apprend aussi à accepter l’incertitude. Un jour, les jambes tournent parfaitement, un autre, il faut limiter la casse. Cette attitude lucide – ne pas s’enflammer dans les bons moments, ne pas se décomposer dans les mauvais – est souvent ce qui distingue les futurs podiums de grand tour des simples feux de paille. L’avenir dira si cette maturité précoce se confirme, mais les premiers signaux sont encourageants.
Plan de carrière, loyauté et calcul du risque : une trajectoire vraiment prometteuse
Comment construire une carrière quand on se donne pour but le podium d’un grand tour ? Rondel a une réponse simple : avec un plan précis, une loyauté sans faille et une évaluation constante des risques. Dès ses années juniors, il trace une feuille de route. Il y inscrit les étapes : progression chez les amateurs, signature dans une équipe structurée, premiers grands tours puis montée en puissance vers les podiums. Aujourd’hui, il estime n’avoir que six mois de retard sur ce calendrier, ce qui en soi est impressionnant.
La loyauté joue un rôle central. Quand plusieurs grosses formations frappent à sa porte, il choisit de suivre celui qui l’a repéré en premier, Boris Zimine. Il rejoint ainsi Tudor Pro Cycling, équipe encore jeune dans le WorldTour, mais très ambitieuse. Vrai ou faux ? Rester fidèle à une structure plus modeste peut freiner la progression. Faux, car cette fidélité lui garantit un environnement stable, où il n’est pas un coureur parmi d’autres mais un projet à part entière.
Le calcul du risque est également intéressant. Son premier grand tour, selon le plan initial, devait être la Vuelta 2025. Des problèmes de genou ont légèrement décalé cette échéance. Au lieu de s’acharner, il accepte ce contretemps et se projette sur un Giro plus adapté à ses qualités. Il ne dramatiser pas ce décalage, se contentant de le chiffrer : « six mois de retard ». N’est-ce pas surprenant de voir un si jeune coureur parler de sa carrière comme un gestionnaire de projet ? Cette attitude rationnelle montre à quel point il se voit sur le long terme.
Dans cette optique, le choix des objectifs est révélateur. À court terme, un top 10 sur le Giro représente une « belle marque pour commencer ». À moyen terme, dans trois ou quatre ans au maximum, il vise clairement un podium de grand tour, voire la victoire. Il identifie même sa course de cœur : le Giro, encore et toujours, pour son histoire, ses cols enneigés, l’aura de son public qui « connaît le vélo ». Le Tour de France, lui, garde dans son esprit une part d’inaccessible, avec ses favoris surdimensionnés. Il ne se fixe aucune limite, mais ne croit pas au père Noël.
Ce qu’il faut retenir, c’est que sa trajectoire prometteuse se nourrit autant de prudence que d’audace. Il ose viser très haut, tout en acceptant les aléas et en respectant les étapes intermédiaires. Cette combinaison rare constitue sans doute sa plus grande force.
Tableau de progression : du patineur à l’espoir des grands tours
Pour visualiser cette ascension, un simple tableau suffit à montrer comment un « inconnu » devient l’un des objets d’attention du peloton international.
| Année | Étape de carrière | Événement clé | Impact sur la trajectoire |
|---|---|---|---|
| 2019-2020 | Pratique roller / patinage de vitesse | Accumulation de qualités physiques (force, explosivité, endurance) | Base athlétique solide pour le cyclisme |
| 2021-2022 | Débuts sérieux en cyclisme | Ronde de l’Isard, Ronde de la Mirabelle, Baby Giro | Repérage par les équipes, révélation du talent en grimpe |
| 2023 | Signature chez Tudor Pro Cycling | Choix de la loyauté envers Boris Zimine | Cadre stable pour une progression à long terme |
| 2024-2025 | Montée en puissance | Résultats sur UAE Tour, Paris-Nice, Tour des Alpes | Accès au statut de co-leader sur un grand tour |
| 2026 | Premier Giro | Top 10 visé, apprentissage sur 3 semaines | Validation de sa capacité au classement général |
Ce tableau n’est pas une simple rétrospective ; il montre comment chaque étape renforce l’idée qu’il devient cet espoir sérieux pour les podiums de grands tours. Il illustre aussi la cohérence d’un projet qui, loin d’être improvisé, s’appuie sur des choix réfléchis.
Ce qu’illustre le cas Rondel pour l’avenir du cyclisme de montagne
Au-delà de l’individu, que nous dit l’histoire de Rondel sur l’avenir du cyclisme de montagne ? Vrai ou faux ? Le profil du grimpeur moderne se résume à un gabarit léger et beaucoup de watts. C’est trop réducteur. Il s’agit désormais d’un ensemble plus vaste : un environnement adapté, une gestion mentale fine, une capacité à accepter l’isolement, un rapport sain à la pression médiatique. Sur ces points, le projet de vie dans les Pyrénées, loin des grosses infrastructures, envoie un message fort.
Dans un peloton où les jeunes cracks explosent parfois trop vite, l’approche progressive qu’il adopte offre un contre-modèle intéressant. Plutôt que de viser immédiatement le Tour et de se mesurer à Pogacar et consorts, il choisit un chemin différent. Le Giro devient un terrain d’apprentissage, puis peut-être de domination. Des défis comme ceux que relèvent d’autres jeunes français, à l’image des challenges hebdomadaires de Paul Seixas décrits sur cette page dédiée, montrent que toute une génération expérimente des voies originales vers le très haut niveau.
Sur le plan technique, Rondel s’inscrit aussi dans une évolution de la préparation. Les stages en altitude, autrefois exceptionnels, deviennent chez lui une routine à domicile. Sa maison pyrénéenne se transforme en camp de base permanent. N’est-ce pas surprenant de voir un coureur transformer sa géographie personnelle en outil d’escalade vers les sommets du classement général ? Cette fusion entre vie privée et exigence professionnelle pourrait bien inspirer d’autres grimpeurs à l’avenir.
Le cyclisme, plus largement, se nourrit de ces histoires singulières. Elles rappellent que la route vers le succès n’est pas unique. Certains passent par les grands centres de performance, d’autres par des choix plus rustiques, presque ascétiques. Ce qu’il faut retenir, c’est que l’important n’est pas le décor, mais la cohérence entre le caractère du coureur et le cadre qu’il s’impose. Chez Rondel, la discrétion, la constance et le goût des longues grimpes trouvent naturellement leur place dans la solitude des Pyrénées.
En filigrane, sa montée en puissance offre un espoir à tous les pratiquants qui n’ont pas commencé à 10 ans dans un club. Elle prouve qu’avec une base athlétique solide, une feuille de route claire et un entourage bien choisi, une carrière de haut niveau reste accessible. Vrai ou faux ? Le cyclisme est réservé aux surdoués précoces. Faux, et son parcours le démontre chaque jour un peu plus.
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Pourquoi a-t-il choisi le Giro plutôt que le Tour de France pour son premier grand tour ?
Rondel considère le Giro comme une course plus ouverte et moins verrouillée tactiquement que le Tour de France. Il apprécie aussi son histoire, ses cols enneigés et l’ambiance du public italien. Pour un premier test sur trois semaines, c’est un laboratoire idéal, sans la pression extrême que génère le Tour.
En quoi son installation dans les Hautes-Pyrénées influence-t-elle sa progression ?
Vivre en permanence au milieu des cols lui permet d’accumuler naturellement du dénivelé et de s’habituer à toutes les conditions météo. Cette routine en altitude renforce son endurance, son mental et sa résistance au froid, des qualités essentielles pour un grimpeur qui vise le podium d’un grand tour.
Comment gère-t-il la pression liée à son statut d’espoir français ?
Il adopte une attitude discrète, parle peu sur les réseaux sociaux et s’appuie sur un cercle restreint de confiance, notamment son directeur sportif Boris Zimine. Son statut de co-leader en apprentissage le protège aussi d’une attente démesurée, ce qui lui permet de se concentrer sur sa progression plutôt que sur le buzz.
Quels sont ses objectifs à moyen terme sur les grands tours ?
À court terme, il vise un premier top 10 sur un grand tour comme le Giro, principalement pour accumuler de l’expérience. À moyen terme, dans un horizon de trois à quatre ans, il ambitionne clairement de monter sur le podium d’un grand tour, avec l’idée qu’une victoire finale n’est pas hors de portée s’il suit son plan de carrière sans brûler les étapes.